Une forme de vie – Amélie Nothomb

Une forme de vie est le 19ème livre de l’auteure belge Amélie Nothomb. Ce roman de genre épistolaire nous perd entre la réalité et la propre réalité des correspondants.

Une forme de vie

Relation fictive entre l’écrivaine elle-même et Melvin Mapple, soldat de 2ème classe américain, basé à Bagdad (Irak). L’homme, devenu obèse, se confie à A. Nothomb, qui, entre révulsion, étonnement et amitié, l’aide comme elle le peut, par lettres.

 

Quand Amélie Nothomb se met en scène

L’auteure a bien souvent parlé de sa propre vie dans ses oeuvres. Son enfance ou son travail de « dame-pipi » au Japon par exemple, dans Stupeurs de tremblements, grand succès. Ici encore, elle se met en scène. On la voit dans son appartement parisien, à Bruxelles, sa ville natale, et aux Etats-Unis, lors de la promotion de son livre (Auto-promotion dans son propre livre? Bien vu!). Elle commente les lettres reçues comme si elle nous parlait. Elle se confie à nous comme son correspondant, Melvin Mapple, se livre à elle.

Le lecteur peut autant se passionner par la vie de la romancière que s’insurger contre sa manière d’être parfois. Semblant être imbue d’elle-même, de son propre personnage, se sentant légèrement supérieure aux autres… Tout en pouvant prouver le contraire deux pages plus loin. Etonnante personne. Etonnante écriture.

De rebondissements en étonnements

L’histoire que raconte Melvin Mapple au fil de ses lettres est effarante. On ouvre des yeux ronds, la bouche forme une grimace, entre le dégout et la pitié, on fronce les sourcils et on avale les mots, souhaitant en connaître plus. Il écrit que « La nourriture est une drogue comme une autre mais il est plus facile de dealer les donuts que de la coke », mais sa vie est comparable également. Une vie compliquée et à la dure, que ce soit l’enfance, la survie dans la rue, la guerre.

Le lecteur peut fort bien planter le décor dans son imagination : l’Irak, la cantine de l’armée, la nourriture en illimité, le champ de bataille, les crimes de civils, la culpabilité, le cercle vicieux et infernal de la boulimie, l’obésité, la douleur des regards. Les épîtres du soldat américain sont difficiles. Elles sonnent tellement vraies que, comme Amélie Nothomb, on aimerait lui répondre, nous aussi.

La vie de Melvin Mapple à l’armée n’est qu’une suite de rebondissements : les moqueries, les batailles, les pesées… Transportant ses quasiment 200kg, il ne se sent bien que le soir, dans le noir, avec Schéhérazade…

Schéhérazade ou accepter son obésité

Schéhérazade est le prénom que le soldat a donné à…sa graisse. Cette identification lui permet de se sentir bien, aimé, choyé même par une femme, qui, serrée contre son corps, le réchauffe et le rassure. Ils ne font pas l’amour, ils font mieux, ils ne sont qu’un.

Melvin Mapple accepte, au cours des lettres, son surpoids. « C’est moi. Je suis à la fois ce que je suis et ce que je fais ».

Mieux ou pire, il ne veut pas maigrir. Grossir contre les crimes qu’il a fait pour le gouvernement américain. Grossir pour montrer sa culpabilité et son remord. Bientôt, il se félicite de sa prise de poids.

Une fin presqu’attendue

Après plusieurs rebondissements et une mise en place de la fin rapide, on devine deux pages avant qu’elle sera l’issu de toute cette histoire… Une fin que je ne vous dirais évidemment pas !, car c’est un livre à bouquiner ( en 2h top chrono ).
Quoiqu’on en dise, Amélie Nothomb reste une bonne auteure, avec ses hauts, comme ses bas, mais toujours un style qui n’a pas son pareil.

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