Zero Theorem : réel vs virtuel

Dans la lignée des films sur la puissance informatique et quelques semaines après la sortie en salles de Transcendance de Wally Pfister, Zero Theorem de Terry Gilliam se branche sur la conflit entre monde virtuel et monde réel.

Nous sommes à Londres, dans l’avenir. Un avenir pourtant si proche. Les avancées technologiques font que la population est vue partout, pour tout et est constamment sur écran. Dans le film, Qohen Leth, génie de l’informatique, vit en reclus dans une chapelle abandonnée où il attend désespérément l’appel téléphonique qui lui apportera les réponses à toutes les questions qu’il se pose. Management le fait travailler sur un projet secret visant à décrypter le but de l’Existence ou son absence.

C’est un film superbement tourné : images, dialogues, univers… Nous retrouvons parfaitement notre cher réalisateur.

Vivre, pourquoi, pour qui

« Qu’est-ce que le bonheur et comment s’accomplit-on ?« , voici ce que les dilemmes posés par Terry Gilliam. Et il y répond sans vraiment être clair. Par la-dite recherche du but de la vie, qui passe par les mathématiques et par conséquent l’informatique, le film tend à démontrer que l’existence humaine n’est vouée à rien en particulier. Mais alors pourquoi sommes-nous sur Terre ? Ici la religion n’existe plus, ne règne que les tablettes tactiles, téléphones mobiles et publicités interactives. L’avenir réel ?

Notre héro, Qohen, est un marginal. Vêtu de noir, vivant dans une ancienne église, lorsqu’il sort, pour l’unique fois, autour de lui les personnages sont ensemble mais seuls. Ils dansent, chacun avec sa musique dans les oreilles, leur écran à la main. Ils parlent avec leurs téléphones. Leurs existences sont liées au virtuel, ils y trouvent un semblant de bonheur qu’on leur fait passer pour une joie réelle et infinie. Qohen ne se complait pas dans ce mode de vie. Pourtant, comment faire, étant entouré de ce système de part et d’autres ?

Paradoxalement, il vit un amour et bien-être sans faille dans un monde virtuel, crée par une jeune femme. Il s’y plait, tout en refusant de partir avec elle, dans la réalité.
Une vie paradoxale pour un personnage entièrement paradoxal.

La vie ne trouve alors pas vraiment son but, qui dépend de chacun d’entre nous, qui sait ? Terry Gilliam ne nous donne aucune réponse. Finalement, peut-être n’en attendions-nous pas.

Une pensée pour Orwell

Dans le film, Management nous rappelle l’emblématique Big Brother de 1984 de Georges Orwell (1949). Tous les regards sont braqués sur la population, il y a nombre de caméras, tout interagit.

Les masses ne se révoltent jamais de leur propre mouvement, et elles ne se révoltent jamais par le seul fait qu’elles sont opprimées. Aussi longtemps qu’elles n’ont pas d’élément de comparaison, elles ne se rendent jamais compte qu’elles sont opprimées.

 

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