« My Sweet Pepper Land » Kurdistan, une fiction au coeur de la réalité

Le film d’Hiner Saleem, « My Sweet Pepper Land« , se place au centre du conflit entre (pro)kurdes et islamistes et jihadistes. Une histoire qui se déroule à la frontière Kurdistan-Turquie, pleine de violence et d’espoir.

C’est l’histoire de Baran, ancien combattant nouvellement policier. Il arrive dans un village perdu au creux des montagnes, entre la Turquie, l’Irak et l’Iran. Lui qui entend faire respecter la loi se retrouve ennuyé par Aziz Aga, vieux caïd local avec à sa botte une vingtaine de partisans qui fait la loi. Le « pire » reste à venir : sa rencontre avec Govend, jeune femme insoumise, institutrice du village, sans mari et révoltée.

Il faut savoir qu’en dehors des quatre personnages principaux de ce long-métrage, les « acteurs » sont en réalité des natifs de la région du Kurdistan. Certaines femmes présentes dans la scène finale ont pris le maquis pour la cause kurde, en Irak. L’intégralité du film a été tournée sur place, dans des décors naturels. Le réalisateur, lui-même kurde, a souhaité dévoilé cet endroit, « qui s’approche de l’époque des westerns américains« , dans toute sa réalité.

Le film est sorti courant 2014 et aujourd’hui, son thème est plus que jamais ancré dans l’actualité. A Kobani, en Syrie, les combats se font sanglants, meurtriers, terribles contre les jihadistes de l’organisation de l’Etat islamique (EI) par les combattants kurdes. Et c’est une femme qui est à la tête kurde, Mayssa Abdo. Une femme, tout comme ces femmes dans « Sweet Pepper Land ». En effet, de nombreuses femmes se sont engagées aux côtés du PKK, dès 1984 en Turquie, afin d’obtenir un état indépendant. Depuis, un processus de paix est en route avec Ankara… menacé par des émeutes et le conflit syrien. Là-bas, en Syrie, ce sont les YPG (milice kurde syrienne et la branche armée du Parti de l’Union démocratique (PYD), le plus important parti politique kurde en Syrie, qui dirigent les opérations, avec une quasi égalité homme-femme.

Bref, « My Sweet Pepper Land » s’inscrit dans une actualité brûlante de cette fin d’année, une bonne raison pour se plonger dedans.
Les cadrages, les scènes, les paysages, les personnages ajoutent des raisons de voir ce film ; car il n’est pas qu’historique. On y décèle sans mal l’espoir de changer des mentalités jugées trop anciennes, de faire évoluer une société, de croire en une vie heureuse. Un bon moment.

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